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L'analogie en l'homme et la machine pensante
Thu 13/11/2003
(Source : actu.dna.fr)

Des chercheurs créent de toutes pièces un virus mangeur de bactéries

Des chercheurs américains ont réussi à créer de toutes pièces un virus artificiel mangeur de bactéries, à partir de gènes de synthèse, fonctionnant à l'identique d'un virus existant à l'état naturel, une première qualifiée jeudi de "révolutionnaire" par le gouvernement américain.

Les scientifiques ont pu reproduire le virus appelé Phi-X174 qui dans la nature s'attaque et détruit des bactéries. Leur bactériophage synthétique a été créé en seulement 14 jours, "à partir de produits disponibles dans le commerce", ont-ils souligné.

La technique utilisée dans ces travaux dirigés par le chercheur Craig Venter --auparavant à la tête de l'un des projets de séquençage du génome humain-- ouvre la voie à des manipulations génétiques plus complexes, pour mettre au point des organismes capables de survivre en milieu extrême (radioactivité, pollution) ou pour créer des vaccins plus efficaces, selon les chercheurs.

"Le potentiel de cette recherche à révolutionner notre avenir est énorme", a estimé le secrétaire américain à l'Energie, Spencer Abraham en qualifiant ces travaux de "développement extraordinaire", lors d'une conférence de presse avec M. Venter.

Pour parvenir aussi rapidement à ce résultat, les chercheurs ont adapté la technique d'amplification en chaîne par polymérase largement utilisée dans le décodage de l'ADN à des fins médicales ou d'enquête criminelle.

Leur méthode appelée cycle d'assemblage par polymérase a permis de mettre bout à bout plusieurs sections du génome du virus à partir d'ologonucléotides, des molécules constituées de courtes séquences d'ADN.
Puis ils ont reconstitué les deux brins de la double hélice formant le génome du virus, expliquent-ils dans leurs travaux à paraître dans trois semaines dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences américaines.

Les chercheurs ont ainsi réussi à recréer synthétiquement un virus qui s'est montré capable d'infecter et de tuer des cellules de bactérie. Cet organisme ne peut s'attaquer à ces cellules humaines, ont pris soin de préciser les scientifiques.

L'organisme ne contient qu'environs 5.000 bases, constituant l'ADN. Mais "cette avancée nous rapproche de l'objectif de réussir à créer des microbes entiers qui sont 100 à 1.000 fois plus gros que ce virus artificiel", a estimé M. Spencer.

"Avec cette avancée, il est facile d'imaginer dans un avenir pas trop lointain, une colonie de microbes spécialement créés pour vivre dans le système de contrôle des émissions d'une usine électrique à charbon, qui dévoreraient sa pollution et son dioxyde de carbone, ou des microbes employés pour réduire drastiquement la pollution de l'eau, ou les effets toxiques des déchets nucléaires", s'est pris à rêver le secrétaire à l'Energie.

Ce dernier avait donné le feu vert en septembre 2002 à un premier financement à hauteur de trois millions de dollars des travaux de l'Institut pour des alternatives d'énergie biologique (IBEA), basé à Rockville(Maryland), créé et présidé par M. Venter.

Puis le projet, qui soulève d'importantes questions éthiques, avait reçu en avril 2003 une seconde subvention de neuf millions de dollars sur trois ans du département américain de l'Energie.

M. Venter est devenu célèbre pour avoir réussi le premier, en 2001, à décrypter le génome humain. A la fin 2002, il avait annoncé son intention de se lancer dans une autre aventure: créer une nouvelle forme de vie synthétique.

L'objectif général de son institut consiste à mettre au point un génome synthétique qui serait le premier pas vers la mise au point de "sources d'énergie biologique efficaces et rentables", avait alors expliqué l'ancien patron de la firme américaine Celera Genomics.

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