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Tue 22/10/2002

Injure raciale: l'écrivain Michel Houellebecq relaxé

Le tribunal correctionnel de Paris n'a relevé ni injure raciale, ni provocation à la haine, à la discrimination ou à la violence contre les musulmans, dans les propos tenus sur l'islam (qualifié de "religion la plus con") par l'écrivain Michel Houellebecq, qui a été relaxé mardi.

Le tribunal a donc rejeté les demandes des associations qui s'étaient constituées partie civile et réclamaient un total de 190.000 euros de dommages et intérêts.

La Société des habous et des lieux saints de l'islam, l'Association rituelle de la grande mosquée de Lyon, la Fédération nationale des musulmans de France, la Ligue islamique mondiale et la Ligue des droits de l'Homme reprochaient à l'auteur du roman "Plateforme", paru en août 2001, des déclarations faites à des journalistes du Figaro-Magazine et de Lire.

Sa phrase la plus marquante, publiée dans Lire, était: "La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré".

Les magistrats de la 17e chambre du tribunal correctionnel ont estimé que les jugements de valeur de nature théologique, littéraire ou artistique, de M. Houellebecq, n'étaient "sans doute caractérisés ni par une particulière hauteur de vue, ni par la subtilité de leur formulation", mais ils n'y ont pas décelé de délit.

Ils ont estimé que le terme "con" avait "une connotation outrageante ou à tout le moins méprisante", mais que toutes les religions étaient visées à des degrés différents et que cette phrase ne visait pas les musulmans.

"Ce propos ne renferme aucune volonté d'invective, de mépris ou d'outrage envers le groupe de personnes composé des adeptes de la religion considérée", estime le tribunal.

Il ajoute que la critique des textes anciens "n'est pas en elle-même constitutive d'une injure et ne peut en tout état de cause viser les musulmans d'aujourd'hui".

Les magistrats refusent à M. Houellebecq le droit à une sorte "d'impunité de la littérature" ou de l'écrivain, notamment lorsqu'il s'exprime, non pas dans son ouvrage mais auprès de journalistes.

Mais ils estiment que s'il exprime "de la haine" envers l'islam, il ne le fait pas envers les musulmans et n'invite personne à la partager ni à en tirer des conséquences discriminatoires envers quiconque.

M. Houellebecq, qui réside en Irlande, n'était pas présent pour entendre mardi le président Nicolas Bonnal lire ce jugement conforme aux réquisitions prononcées par le parquet lors de l'audience du 17 septembre. Plusieurs témoins, notamment la journaliste du Monde des Livres Josyane Savigneau et l'écrivain Philippe Sollers étaient venus témoigner en faveur de Houellebecq.

Ce jour-là, l'auteur avait nié toute aversion contre les musulmans mais avait revendiqué son "mépris pour l'islam".

"Plateforme" se termine par un attentat imaginaire perpétré par des islamistes anti-occidentaux dans un bar d'un complexe touristique en Thaïlande, le Crazy Lips, et qui provoque la mort de 117 personnes, en majorité des touristes étrangers.

Le roman, paru chez Flammarion, a suscité de vives polémiques en raison des idées du narrateur sur les bienfaits du tourisme sexuel, l'égoïsme de l'Occident et la "déraison" qui s'empare de l'islam.

Me Jean-Marc Varaut, avocat de la Société des habous et lieux saints de l'islam, a annoncé qu'il allait faire appel.
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